AN AWKWARD MARRIAGE BETWEN DRC AND RWANDA

Published on by HAGANIRIMFURA

La décision ressemble, à n’en pas douter, à une stratégie pour en finir avec la coalition de rebelles qui empêchent Joseph Kabila de gouverner tranquillement son pays, la République démocratique du Congo (RDC), cette contrée africaine aux immenses richesses qui suscitent tellement de convoitises ; de là viendraient d’ailleurs ses malheurs. Mardi dernier, des colonnes de plusieurs centaines de militaires rwandais ont fait leur entrée dans le territoire congolais, par le Nord-Est, pas très loin de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

Ces soldats, équipés d’armes lourdes, ont une mission qu’ils vont mener conjointement avec les forces armées congolaises : elle consistera à traquer les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), hostiles au pouvoir de Paul Kagamé, et installées en RDC depuis le génocide rwandais de 1994. Cette décision de faire front commun serait issue d’un accord entre Kinshasa et Kigali en vue de la paix dans les deux pays. En effet, les deux capitales avaient manifesté, en décembre dernier, leur désire de combattre dans une unité d’action les rebelles de FDLR.

Mais sur le terrain déjà, entre mouvements rebelles, c’est la discorde. Le chef historique du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Laurent Nkunda, qui a rallumé la mèche de la guerre en octobre dernier en RDC, voit son autorité contestée : ainsi, une dissidence est née au sein dudit congrès, qui fragilisera sans doute la rébellion. Une fraction de cette dissidence serait même prête à traquer les rebelles des FDLR.

Une opération qu’il faudra savamment cordonner. Car, le plus souvent, en pareille circonstance, ce sont les populations civiles qui souffrent le plus. Déjà, du côté de la MONUC, on dit n’est pas être associé à la planification d’une telle opération. Les choses ne seront donc pas faciles ; c’est le moins que l’on puisse dire. Il faut pourtant arriver à la paix dans cette région. Il faut nous éviter ces scènes de pauvres gens fuyant par colonnes entières les combats. Et on aura tout essayé.

Entre-temps, Paris s’invitait dans la danse, en faisant savoir, par la voix de son président, Nicolas Sarkozy, son intention d’initier des projets pour ramener la paix au Nord-Kivu. A l’Elysée, l’idée est de s’attaquer au problème de fond. Ce qui suppose que l’on soit attentif à l’exploitation commune (RDC/Rwanda) des richesses minières de la région ; que l’on soit regardant sur la question des minorités congolaises dont seraient issus les rebelles du CNDP ; et que l’on prenne en compte le problème du foncier, source de tensions intercommunautaires.

L’idée de passer à cette stratégie commune contre les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda est la preuve de l’incapacité de Kinshasa à rétablir la sécurité, l’unité et la stabilité nationales, notamment dans cette région. Et la question qui se pose est de savoir si, véritablement, l’intervention des forces rwandaises en République démocratique du Congo va apporter la paix, une paix durable dans cette partie du monde. C’est le Rwanda, on le sait, qui avait installé Kabila père au pouvoir en RDC, qu’il avait quittée par la petite. Aujourd’hui, il y revient avec l’onction du fils.

© L'Observateur : Agnan Kayorgo

RDC: les FDLR affirment que "6.000" soldats rwandais sont entrés au Sud-Kivu

NAIROBI - La rébellion hutu rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a affirmé mercredi à l'AFP que "6.000" soldats rwandais étaient entrés mardi dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la RDC, dans le cadre de l'opération visant la rébellion.

"Environ 6.000 hommes lourdement armés sont entrés dans le Sud-Kivu; ils ont été immédiatement déployés dans les localités de Mwenga et dans le parc de Kahuzi-Biega, selon les rapports de terrain qui me sont parvenus", a déclaré mercredi à l'AFP le président des FDLR, Ignace Murwanashyaka, joint en Allemagne.

La localité de Mwenga est située à environ 80 km au sud-ouest de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, frontalier du Rwanda.

La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) avait estimé mardi qu'entre 1.500 à 2.000 soldats rwandais auraient pénétré mardi en RDC.

"Sur le terrain (au Sud et au Nord-Kivu), la situation est encore très calme. Nous n'avons pas encore été attaqués. Mais ça peut changer à tout moment. Ces milliers de soldats de l'armée rwandaise ne sont pas venus en promenade; ils sont venus faire la guerre", a poursuivi le président.

"Nous ne sommes pas là pour faire la guerre. Seulement, nous nous défendrons si nous sommes attaqués. Les négociations pour nous attaquer ont débuté en septembre (2008), nous sommes préparés, mobilisés depuis", a ajouté M. Murwanashyaka.

Kigali et Kinshasa avaient annoncé le 5 décembre leur intention de combattre ensemble les FDLR, dont certains membres ont participé au génocide de 1994, qui a fait selon l'ONU environ 800.000 morts parmi les Tutsi et les Hutu modérés.

Dans un communiqué transmis en outre mercredi à l'AFP, les FDLR "condamnent haut et fort la guerre en cours".

Les FDLR "demandent à la communauté internationale de prendre sans tarder des sanctions sévères contre le gouvernement rwandais, premier responsable de cette nouvelle guerre".

Selon les FDLR, les soldats rwandais "vont commencer leur sale besogne d'exterminer les réfugiés hutus rwandais, rares rescapés du génocide commis par le FPR (Front patriotique rwandais, ex-rébellion tutsi aujourd'hui au pouvoir à Kigali) et ses alliés contre eux dans les années 1996-1998 dans l'est de la RDC", affirme le communiqué.

Les FDLR sont considérées comme l'une des principales sources d'insécurité dans la région africaine des Grands Lacs.

 

Nkunda détenu au Rwanda, selon une source militaire rwandaise

AFP

23 jan. 09 - 10h16Imprimez cet article

KIGALI, 23 jan 2009 (AFP) - Le chef tutsi de la rébellion de République démocratique du Congo (RDC) Laurent Nkunda, qui a été arrêté jeudi soir au Rwanda, est détenu dans un "endroit secret", a assuré vendredi sous couvert d'anonymat un responsable de l'armée rwandaise.

Laurent Nkunda est aux arrêts depuis jeudi soir dans un endroit "resté secret" au Rwanda, a déclaré à l'AFP ce responsable miliaire sans fournir dans l'immédiat d'indications sur les circonstances de l'arrestation du chef rebelle.

"Le général Nkunda a été arrêté et la suite sur son sort sera annoncée dans les prochains jours", a ajouté cette source sans autre précision. (Laurent Nkunda serait "en résidence surveillée à Gisenyi", localité rwandaise située en face de Goma, capitale du Nord-Kivu, a indiqué pour sa part une source proche de la rébellion en RDC).

Un communiqué officiel du chef de la police de RDC avait annoncé son arrestation un peu plus tôt vendredi. "L'état-major conjoint FARDC (armée congolaise) et éléments RDF (armée rwandaise) informe l'opinion publique de l'arrestation du général déchu Laurent Nkunda jeudi à 22H30 (21H30 GMT) en cavale sur le territoire rwandais après avoir opposé une brève résistance à nos militaires à Bunagana", selon un communiqué de l'inspecteur général de la police de RDC, John Numbi (bien: Numbi).

Les forces rwandaises et congolaises étaient arrivées jeudi soir aux portes de la localité congolaise de Bunagana, fief du chef de la rébellion du Conseil national pour la défense du peuple (CNDP), dans la province du Nord-Kivu (est de la République démocratique du Congo).

Les principaux commandants du CNDP, dont le chef d'état-major Bosco Ntaganda, avaient rallié le 16 janvier la coalition FARDC-armée rwandaise, affaiblissant considérablement Nkunda.

Jeudi, un journaliste de l'AFP avait vu dans Bunagana quelques éléments CNDP marcher dans la ville mais aucun préparatif de résistance armée. Laurent Nkunda ne s'exprimait plus publiquement depuis l'entrée en RDC mardi 20 janvier de ses anciens alliés rwandais, qui ont enlevé peu à peu ses positions.

Une offensive conjointe de soldats rwandais et congolais a commencé le 20 janvier pour traquer les rebelles hutu rwandais, réfugiés en RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994.

Elle avait aussi visiblement pour objectif de chasser Nkunda des territoires qu'il occupait dans la région du Rutshuru (Nord-Kivu) depuis son offensive fin octobre 2008 contre les FARDC qui s'était arrêtée aux portes de Goma, la capitale provinciale.

 

 

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