Le dangereux métier d’avocat devant une cour internationale et au Rwanda

Published on by KANYARWANDA

Le dangereux métier d’avocat devant une cour internationale

Parmi les ONG présentes à la Conférence de Kampala, le Barreau pénal international s’inquiète depuis quelques jours du sort d’un de ses membres, l’avocat américain Peter Erlinder, arrêté vendredi dernier 28 mai à Kigali (Rwanda).

Peter Erlinder est le président de l’association des avocats de la défense au Tribunal pénal international pour le Rwanda, un des “ancêtres” de la CPI. Il défend donc des personnes accusées d’avoir participé au génocide de 1994. Il venait d’arriver au Rwanda pour défendre Victoire Ingabire Umuhoza, candidate aux prochaines élections présidentielles, elle-même poursuivie par la justice rwandaise.

Les autorités rwandaises accusent Peter Erlinder de négation et occultation du génocide.

Les organisations d’avocats réclament sa libération. Le Barreau de Paris a adopté une motion en sa faveur, qui déclare “inadmissible le fait qu’un avocat puisse être arrêté et emprisonné dans l’exercice de ses fonctions”. L’Association internationale des avocats de la défense a rappelé de son côté qu’”un avocat dans l’exécution de son mandat doit être à l’abri de toute crainte pour sa sécurité” si l’on veut garantir l’état de droit.

Le fait est qu’au-delà de la liberté d’un homme, c’est en réalité le droit fondamental à un procès équitable qui est remis en cause si l’avocat d’une personne poursuivie peut-être poursuivi à son tour pour l’avoir défendue. Devant les juridictions internationales, les affaires jugées (génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre) sont toujours extrêmement lourdes, au carrefour de la violence extrême et de la politique. Le sort réservé à Peter Erlinder montre que la fonction d’avocat peut en devenir d’autant plus risquée.

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