Paul Kagame: C'est moi ou ce sera le chaos:Kagame says in the upcoming elections it is him or another bloodshed

Published on by KANYARWANDA

Billet d'humeur d'Eugène Shimamungu (Newsletter n°22)

 Paul Kagame ne l’a pas encore dit pour la prochaine élection au risque de se répéter puisqu’il avait à peu près dit avant l’élection de 2003 qu’il reprendrait le maquis s’il n’était pas élu et que ses challengers nepaul_kagame.11.27.06__lrg.jpg pouvaient rien comprendre avant d’être blessés ! En cela, le boucher de Kigali qui avait déclaré avant de prendre le pouvoir, que la démocratie se trouve au bout de la kalachnikov, ne manque pas d’exemples. Son mentor ougandais Yoweri Museveni n’avait-il pas pris le maquis après avoir été battu à la régulière aux élections par Milton Obote ! Paul Kagame, Fred Rwigema et quelques autres rwandais ont été érigés en héros par le dictateur ougandais Y M7, parce qu’ils ont conduit la guérilla qui a pris d’assaut en 1986, la capitale ougandaise pour renverser le Président Tito Okello qui venait lui-même de renverser le Président Obote élu démocratiquement.  Ils avaient ainsi empêché le retour de l'Ouganda à la démocratie. C’est cela même qui risque d’arriver au Rwanda si d’aventure, Ingabire parvient à gagner l’élection présidentielle. Bis repetita placent. Ou en kinyarwanda « biryoha bisubiwemo ».

 

Victoire Ingabire a-t-elle gagné la bataille médiatique ?

Le régime dictatorial de Kigali est tellement aux abois que Paul Kagame a déjà commencé le maquis avant de perdre les élections. Car on ne peut pas comprendre comment dans un régime aussi sécuritaire des grenades pleuvent sur Kigali. Et comme par hasard, c’est depuis l’arrivée de Victoire Ingabire que la sécurité s’est détériorée comme s’elle avait débarqué sur le tarmac de Kanombe avec une armée d’artificiers pour mettre la capitale à feu et à sang. Tout ceci n’est qu’un stratagème de la part du régime de Kigali pour démontrer le « danger » de la démocratie au Rwanda ou plutôt pour le dictateur lui-même sur qui pèsent de nombreuses et lourdes charges pour lesquelles il doit répondre devant les Tribunaux internationaux en cas de perte d’immunité présidentielle.

VictoireKigali Victoire Ingabire a gagné le pari de la bataille médiatique qu’elle avait enclenché en débarquant sur Kigali. En disant haut et fort ce que tout le monde pensait tout bas mais n’osait pas dire dans le royaume de Kagame sans être taxé d’idéologie génocidaire, elle a immédiatement acculé le régime à sortir de ses gonds pour punir l’iconoclaste qui a failli perdre la vie dans un attentat soigneusement organisé pour la déstabiliser psychologiquement. Elle sait maintenant à quoi s’attendre en cas de récidive, car elle est placée actuellement sous contrôle judiciaire. Elle est en effet convoquée toutes les semaines au service de criminologie. Son assistant, qui a également échappé au lynchage devant les services de sécurité immobiles, n’a pas eu plus de chance puisqu’il a été écroué le lendemain pour des charges de génocide fabriquées expressément sur mesure et avec diligence par un gacaca imaginaire.

Des charges pour sa patronne ne vont pas manquer, on ne l’accusera peut-être pas de génocide, mais de collaboration avec l’ennemi (FDLR) et ou encore d’atteinte à la sécurité de l’état ! Car dans cette insécurité organisée, le régime de Kigali a déjà commencé à accuser les FDLR comme s’ils ne se trouvaient plus au Congo mais à l’intérieur du territoire rwandais. Faut-il rappeler qu’en même temps Paul Kagame demande à son voisin la libéralisation des frontières comme si les FDLR  ne constituaient plus une menace ! Bref le régime de Paul Kagame ne sait à quel saint (ou démon) se vouer ni sur quel pied danser face à la pression médiatique qui serait plus forte en cas d’emprisonnement de Victoire Ingabire. Mais l’on sait également qu’il pourra s’en passer et choisir à tout moment la manière forte (faire disparaître la candidate dans un attentat organisé) pour ne pas se laisser déborder. Le régime birman n’est-il pas toujours en place avec tout le temps que l’opposante Aung San Sukyi a passé en prison ou assignée à résidence. Par contre l’expérience pakistanaise de Pervez Musharaf qui n’a pas survécu à l’attentat de Bénazir Buttho est un contre-exemple. Mais l’on sait aussi que Paul Kagame ne s’embarrasse ni de la pression médiatique ni de la communauté internationale.

 

La dernière carte de l’opposition rwandaise

L’on peut saluer l’intelligence de l’opposition rwandaise qui a eu l’idée de former un front commun réunissant le PS Imberakuri de Bernard Ntaganda, le part des Verts de Frank Habineza ainsi que les FDU Inkingi en vue de présenter un seul candidat à la présidence. C’est peut-être la seule chance de parvenir à l’élection prochaine (au mois d’août) en espérant que Paul Kagame, dans le pire des scénarios, ne va pas mettre sous les verrous les trois personnalités ou qu’il ne va pas tenter de les éliminer physiquement tous à la fois. L’on sait qu’un seul de ces trois partis d’opposition est agréé et pourra présenter un candidat à la présidence, tandis que pour les deux autres, le régime dictatorial est en train de multiplier les bâtons dans les roues afin qu’ils ne soient pas admis à concourir. C’est peut-être aussi le seul salut face à des élections truquées pour acculer le régime à organiser des fraudes massives préjudiciable à la crédibilité de cette élection. Bien évidemment s’ils se présentent divisés, ils les perdront. Unis, ils les perdront aussi, mais le régime ne sera pas crédible. S’il ne veut pas commettre l’irréparable par un coup de force, Paul Kagame pourrait admettre à concourir ces trois partis, en espérant qu’ils partiront en rangs dispersés au moment des élections. Une manière civilisée de briser l’opposition sans attenter à la vie de leurs leaders. Wait and see !

Eugène Shimamungu

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