RWANDA: A la une: embastillement d'une opposante, juste avant les élections au Rwanda

Published on by KANYARWANDA

 
vendredi 23 avril 2010
A la une: embastillement d'une opposante, juste avant les élections au Rwanda

Avant la remise en liberté de l’opposante Victoire Ingabire, que vous avez peut-être apprise par la radio ce vendredi matin, un journal burkinabé Fasozine à Ouagadougou faisait le point sur cette affaire qui intéresse le Rwanda mais aussi la démocratie en général. Dans un billet signé de Bark Biiga , on découvre que Paul Kagame, le président rwandais est « hanté par la dictature.» C’est le titre.
Et l’auteur de juger que « l'arrestation de l’opposante pousse à croire que Kagamé ne supporte pas la contradiction, encore moins la moindre opposition à son pouvoir. »
En accusant l'opposante de «collaboration avec une organisation terroriste et de«négation du génocide», le président rwandais ne s'inscrit-il pas dans «la lignée de ces dictateurs africains qui avaient tous les moyens d'inventer des complots fictifs pour se maintenir éternellement au pouvoir ? » Interroge-t-il en notant que «Kagamé doit, en principe, remettre son mandat en jeu en août prochain.» «Embastiller une opposante à la veille d'une élection présidentielle est un signe qui ne trompe pas les observateurs avisés de la mare politique africaine. »

Victoire Ingabire

Dans Le Potentiel, journal de Kinshasa, on trouve des éléments de biographie : elle a 42 ans, et a été cadre supérieur dans « une entreprise privée de dimension mondiale installée aux Pays-Bas où elle était chargée de contrôler et coordonner les services comptables de 25 filiales installées en Europe, en Asie et en Afrique avant de s’engager en politique. »

«En avril 2009, rappelle Le Potentiel, elle a démissionné pour se préparer à retourner dans son pays natal et contribuer à la reconstruction du Rwanda. Depuis 1997, elle est engagée dans une lutte démocratique dont le but est d'instaurer dans son pays, au Rwanda, un Etat de droit respectueux des standards démocratiques internationaux, un Etat de droit où la citoyenneté sera enfin une réalité tant dans les institutions de la République que dans tous les secteurs de la vie du pays. »
« Elle est présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), un parti qui à ce jour n'a pas été agréé par les autorités rwandaises. Ce parti d'opposition est actif au Rwanda, en Europe et aux USA. Elle a été désignée par le bureau politique de son parti, candidate officielle du parti FDU à l'élection présidentielle de 2010 au Rwanda. »

« Un arbre qui cache une grande forêt »

C’est aussi dans Le Potentiel que l’on trouve la formule suivante, mais dans un autre article signé cette fois de Pierre Emangongo, une formule qu’il attribue à un analyste des questions africaines et des relations internationales :
« L'arrestation de Mme Ingabire est un arbre qui cache une grande forêt », estime celui-ci. L’enjeu, ce sont les élections.

Le débat sur le voile en France

Le voile intégral en France : le Pays au Burkina explique que « Les Français viennent de renouer avec leur exercice favori : la polémique »
« Alors que La loi sur la fameuse Burqa (le voile en question qui couvre les femmes de pied en cape) n’a pas encore été introduite à l’Assemblée et à plus forte raison votée qu’elle suscite déjà des débats »

Il y a ceux qui « applaudissent » l’initiative de Nicolas Sarkozy en mettant en avant « des considérations sécuritaires. » Pour eux, « il n’est pas normal qu’une personne se couvre entièrement au point que l’on ne puisse pas savoir si l’on a à faire à un homme ou à une femme. Et pendant ce temps, cette personne voit les autres et arrive à les distinguer sans peine »

« Le camp d’en face voit les choses autrement. Les adversaires de l’interdiction y voient tout simplement une atteinte à la liberté des citoyens de s’habiller librement, la stigmatisation d’une religion en l’occurrence l’islam de la part d’un Etat qui est laïc de surcroît. En somme, chaque camp ressort les mêmes arguments que lors des débats suscités par le port du simple voile à l’école »

Seni Dabo poursuit sur le thème de l’argument sécuritaire : « si la Burqa est considérée comme un accoutrement de terroriste, mieux vaut interdire son port en public, écrit-il, pour que chaque citoyen ait l’esprit tranquille. Et en la matière, les autorités françaises ont tout à fait le droit de le faire même si cela pourrait être perçu comme une attaque contre un symbole religieux. Même si c’était le cas, l’impératif sécuritaire recommande que tout le monde s’y plie. »

On va noter que pour Le Pays, « Si ce débat a lieu , c’est parce que la France est le pays des libertés, la patrie des droits de l’homme et aussi une démocratie » « on n’imagine pas qu’il ait lieu dans un pays arabe. » ajoute-t-il. Fin de citation.

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