TPIR/KAREMERA - LE PRESIDENT DES INTERAHAMWE « TRAVAILLAIT POUR » LE FPR

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09.11.10 - TPIR/KAREMERA - LE PRESIDENT DES INTERAHAMWE « TRAVAILLAIT POUR » LE FPR (TEMOIN) Version imprimable Suggérer par mail

Arusha, 9 novembre 2010 (FH) - Un ancien membre du Front patriotique rwandais (FPR) actuellement en exil a affirmé mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que l'ancien président de la milice Interahamwe, Robert Kajuga, « travaillait pour » l'ex-rébellion actuellement au pouvoir.

Les Interahamwe furent les principaux bras armés du génocide des Tutsis de 1994.  

Président national de la milice, Robert Kajuga, aujourd'hui décédé, « travaillait pour nous, comme d'autres membres des Interahamwe », a affirmé Aloys Ruyenzi, précisant qu'il portait le grade de caporal au sein de la rébellion durant la période d'avril 1992 à avril 1994.  

Selon le témoin, Kajuga - réputé tutsi- et certains de ses hommes commettaient des crimes dont la responsabilité était ensuite rejetée sur la partie gouvernementale.  

Ruyenzi déposait à la demande de l'ex-président du MRND Mathieu Ngirumpatse jugé avec Edouard Karemera, ancien vice-président de cet ex- parti présidentiel. Les deux hommes répondent notamment de crimes commis par des membres de leur formation politique, en particulier, les jeunes - les fameux Interahamwe du MRND.  

« Vous ne pouvez pas prétendre connaître mieux que moi le fonctionnement du FPR », a insisté le témoin, ajoutant qu'il faisait partie, à l'époque, de la garde rapprochée de l'actuel président Paul Kagame, alors numéro un de la branche armée du FPR.   

Interrogé par Don Webster du bureau du procureur sur la nature exacte des crimes commis par Kajuga dans le cadre de sa collaboration alléguée avec les rebelles, il a répondu : « Je sais qu'il travaillait pour nous ; ce qu'il faisait, c'est ce que faisaient nos combattants qui avaient infiltré le pays au-delà des lignes gouvernementales : des actes criminels ».  

Ruyenzi avait été l'un des témoins de l'enquête du juge français Jean-Louis Bruguière qui avait abouti en 1996 à l'émission de mandats d'arrêt contre neuf proches du président Kagame, accusés d'avoir joué un rôle dans l'attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana, dont l'équipage était français.   

Suite à ces mises en accusation, Kigali avait rompu les relations diplomatiques avec Paris, qui ont été rétablies fin 2009.  

Deux juges françaises, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, enquêtent de nouveau sur cet attentat dont une commission rwandaise a déjà imputé à la responsabilité à des proches d'Habyarimana.

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