Rwanda: Deo Mushayidi est le premier victime de Kagame Anti-Opposition Strategie

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Le génocide rwandais et Déogratias Mushyayidi

 

Déogratias Mushayidi

Déogratias Mushayidi

Le génocide rwandais est une entreprise criminelle truffée de secrets, que même le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) créé ad hoc en novembre 1994 et installé à Arusha en Tanzanie peine à démêler, le vrai du faux. Tellement ce crime odieux tétanise aussi bien les enquêteurs que les présumés coupables qu’on a l’impression de s’occuper de l’accessoire  dans cette affaire, au lieu de livrer au monde l’essentiel. Le colonel belge Luc Marchal qui était au cœur des événements et mandaté par les Nations Unies, puisque commandant des forces de l’ONU en charge de la sécurité de la ville de Kigali au moment des faits du génocide rwandais, posait très récemment une pertinente question : « Que cherche-t-on à nous cacher » ([i]) ?

Dans cet exercice de recherche de la vérité sur ces mobiles, une des questions les plus pertinentes que révélatrices du machiavélisme[1] qui préside à la gestion traditionnelle de la chose publique rwandaise et à ce vaste conflit dans les Grands Lacs est la notion de « GUHORA » (vendetta / vengeance) qui est une des caractéristiques fondatrices des conflits dans la société rwandaise.

Déogratias Musahyidi qui avait essayé de percer le mystère de cette entreprise criminelle est la première victime à faire les frais de cette vendetta qui ne fait que commencer. Le document qu’il a signé au sujet du génocide rwandais est la principale source actuellement  écrite où il faut chercher ce qu’on cherche à nous cacher: les preuves de la planification du "génocide" à Kampala. Qui osera ouvrir cette boîte de pandore? Le pouvoir de Kigali? La justice internationale? L'ONU? Les rwandais eux-mêmes? L'avenir nous le dira.

Plus que par la guerre en elle-même, le Président Grégoire Kayibanda a exprimé publiquement aux réfugiés rwandais d’alors, son affliction lui causée par l’utilisation du terme « génocide » en ces termes:

« Mes chers Rwandais et Rwandaises réfugiés,

Au-dessus des soucis que la folie de certains d’entre vous me causent ; Quand, par des menées terroristes organisées de l’étranger, ils troublent leurs frères qui vivent en paix dans notre Rwanda démocratique et indépendant ; Au-dessus de l’affliction que la malhonnêteté de certains d’entre vous Nous a causée en Nous traitant de génocide ; Au-dessus de la peine que nous avons éprouvée lorsque des gens peut-être bien intentionnés ont mis à la disposition de vos manœuvres calomniatrices les instruments les plus modernes d’information ; En dépit de tout cela nous avons estimé utile de vous adresser un salut fraternel, avec l’espoir que beaucoup d’entre vous l’entendront.

Comment du Rwanda voyons-nous votre attitude dans son ensemble ? Comment le Rwanda juge-t-il vos comportements ? Quelle est surtout notre attitude à votre égard ? Trois questions au sujet desquelles je vais vous donner le point de vue de la République. »

Un tel appel aurait pu encore être lancé il y a 20 ans, le 1er octobre 1990, sauf qu’au-delà des manœuvres calomniatrices, une stratégie bien élaborée, les moyens financiers importants, « les instruments les plus modernes d’information » et les armes sophistiquées avaient été mis à la disposition du Front Patriotique Rwandais (FPR) par les puissances «peut-être bien intentionnées ».

Mais ces maîtres à penser et à approvisionner en hommes et en armes n’avait peut-être jamais imaginé quelle serait l’importance de la déchirure que leurs actes allaient infliger au tissu social et politique rwandais. Etait-ce leur souci?

.../... à suivre ...

DVDJ, www.rwamucyo.com 23.03.2010


[1] Le machiavélisme (1611 ; de Machiavel) est défini dans le dictionnaire «Petit Robert » comme 1° Une doctrine de Machiavel ; art de gouverner efficacement sans préoccupation morale quant aux moyens (C’est la fin qui justifie les moyens). 2° péj. Attitude de celui qui emploie la ruse, la mauvaise foi pour parvenir à ses fins. V. Artifice, perfidie, ruse. « Elle m’affirma depuis depuis que je l’avais séduite, captée, déshonorée,  avec un rare machiavélisme, une habileté consommée… » (Maupas). ANT. Franchise, naïveté.

[i] MARCHAL Luc : Que cherche-t-on à nous cacher ? Bruxelles, 200

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